La frontière de la crainte
Me voilà reparti pour une période de douce euphorie néanmoins modérée. On ne me la fait plus. Je reste lucide et réaliste, je peux retomber du jour au lendemain. Peu importe, je poursuis mon chemin, à cheval bien sûr. Je cherche, tâtonne, réfléchi, regarde, essai, trouve et parfois rate. Tout ça en une seule journée, parfois. Il y en a qui saute du coq à l’âne, moi je jongle avec le ressenti et passe de l’accablement à l’excitation, du cheval de labeur au cheval de course.Je vous livre mon dernier tableau, fraîchement peint, nouvellement né. C’est une peinture à l’huile sur toile de format 80x40 cm. Un format tout en hauteur pour un cheval qui se tend, allonge sa peur à la verticale. La tête se lève, l’encolure se dresse, les postérieurs fléchissent, la queue s’abaisse, il n’hésite plus et va reculer, s’acculer pour fuir l’objet, l’être de sa frayeur. À moins qu’il ne se rende compte qu’il n’y eût pas de quoi s’effrayer et avancer son corps, tendre son encolure vers le bas, pointer son nez vers le sol et renifler pour identifier. La frontière entre le stress et le calme, l’affrontement et l’indifférence, l’ombre et la lumière n’est qu’à un pas, à franchir ou non suivant son degré de sensibilité, son état émotionnel, son sang pur ou mêlé.
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