Trotte, trotte, trotte...
Après Opéra Equestre, voici Chimère. Spectacle aussi envoûtant, aussi musical, aussi coloré dans l’ombre que le premier. Pourtant
il y a une image qui me reste, gravée, imprimée et trotte (c’est le cas de le dire) dans ma boîte crânienne.
Dans la pénombre chaude et enveloppante, un cadrage serré suit les antérieurs du cheval que monte Bartabas. Il trotte, trotte, à l’infini, ses jambes graciles et musclées se lèvent et se posent l’une après l’autre dans un rythme infernal sur une piste ronde. Il tourne, tourne, à en donner le vertige. Puis ralenti, se rassemble, lève encore plus haut ses jambes noires et fines et telle une danseuse, exécute des pas rythmés, saccadés, suspendus, indéfinissables... Et repart, allonge, lance ses sabots loin devant, dans un mouvement rapide, en cadence, dans un tempo de jambes qui s’entremêlent, tricotent, s’alternent de gauche et de droite, se tendent et se délient, déployant les articulations nerveuses, aigues mais rondes, cherchant le sol à chaque foulée ondulante qui semble être chaque fois un peu plus longue que la précédente, caressant la terre meuble et souple… et trotte, trotte, trotte, tourne, tourne, tourne…
Cette vision fugitive me hante, elle m’a semblé si longue, s’étirant dans le temps comme s’allongeait ce cheval, tendu, prèt. On ne voit pas le cavalier, ni le reste du cheval mais peu importe. L’action se résume à ses jambes sculptés qui nous suffisent… Émouvant et hypnotique.
Dans la pénombre chaude et enveloppante, un cadrage serré suit les antérieurs du cheval que monte Bartabas. Il trotte, trotte, à l’infini, ses jambes graciles et musclées se lèvent et se posent l’une après l’autre dans un rythme infernal sur une piste ronde. Il tourne, tourne, à en donner le vertige. Puis ralenti, se rassemble, lève encore plus haut ses jambes noires et fines et telle une danseuse, exécute des pas rythmés, saccadés, suspendus, indéfinissables... Et repart, allonge, lance ses sabots loin devant, dans un mouvement rapide, en cadence, dans un tempo de jambes qui s’entremêlent, tricotent, s’alternent de gauche et de droite, se tendent et se délient, déployant les articulations nerveuses, aigues mais rondes, cherchant le sol à chaque foulée ondulante qui semble être chaque fois un peu plus longue que la précédente, caressant la terre meuble et souple… et trotte, trotte, trotte, tourne, tourne, tourne…
Cette vision fugitive me hante, elle m’a semblé si longue, s’étirant dans le temps comme s’allongeait ce cheval, tendu, prèt. On ne voit pas le cavalier, ni le reste du cheval mais peu importe. L’action se résume à ses jambes sculptés qui nous suffisent… Émouvant et hypnotique.
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