Quelle est donc cette allure ?
Un diagonal s’enlève du sol meuble, les muscles de la croupe s’abaissent puis montent successivement comme les pistons d’un moteur, rythmant en cadence l’allure régulière. L’encolure, elle, ne bouge pas, comme une aide pour fixer son équilibre. Seuls les crins battent la mesure et ondulent, caressant l’encolure de leurs poils soyeux. La queue aussi, là-bas tout derrière, portée haut, se laisse tirer et porter se mouvant de gauche et de droite, effleurant ou cinglant parfois les postérieurs. Puis le cheval redescend, les boulets soutiennent et amortissent le poids du corps qui se fait lourd mais gracieux. Les paturons ploient puis remontent comme des ressorts. Les épaules avancent et reculent suivant le tempo de l’allure. Enfin le cheval s’enlève, léger, les membres tendus prêt à reprendre la cadence, et s’envole non loin du sol, pourtant il semble planer pendant une éternité, figé dans son mouvement amorcé. Commenter cet article